L’enjeu de la R&D en Chine
Face à la mondialisation de la recherche et de l’innovation, l’attractivité de la Chine pour la R&D est aujourd’hui indiscutable. Après vingt ans de développement en grande partie fondé sur l’appel aux capitaux étrangers, les joint venture et les transferts de technologie, la Chine a donné une impulsion nouvelle à son économie en s’efforçant de la fonder davantage sur des capitaux, des technologies et des compétences domestiques, en promouvant « l’innovation indigène ». Cela se traduit par des efforts considérables aussi bien en matière d’éducation, le nombre d’étudiants étant passé en huit ans de 5 millions à environ 20 millions, qu’en matière de recherche et développement dont les dépenses ont évoluer de 1,5% du PNB en 2005 à 2% en 2010 (2,5% en 2020), rejoignant ainsi les ratios des pays développés.
Ainsi, la Chine développe de plus en plus de la propriété intellectuelle locale et ses propres standards ou protège ses champions nationaux par des biais divers, mettant en avant la nécessité de construire une industrie nationale sur la base d’une technologie maîtrisée. Beaucoup d’entreprises internationales l’ont compris et ont choisi d’installer en Chine des centres de recherche. La Chine est ainsi en train de passer de 3ème terre d’accueil (ex aequo avec la France) pour l’investissement étranger en R&D en 2005, à la 1ère place d’ici 2010, devant même les Etats-Unis. La diffusion rapide de certaines technologies en Chine, sa position d’ « atelier du monde » et la taille de son marché pourraient lui permettre d’imposer un jour certains de ses propres standards.
Une présence croissante de la R&D française en Chine
Les entreprises françaises ont un rôle important à jouer eu égard à l’excellence de l’industrie française et à la qualité de son investissement en R&D dans un certain nombre de secteurs.
La recherche, même sur des sujets proches de l’application, est de par nature internationale. S’engager dans des stratégies de collaborations internationales dans un contexte de compétition mondiale est la condition du développement d’une présence sur place et les entreprises françaises sont contraintes de faire évoluer leurs stratégies en Chine. La place de la France dans la R&D en Chine est non négligeable. Notre pays se place au 5ème rang des brevets d’oringine étrangère accordés, derrière le Japon, les Etats-Unis, l’Allemagne et la Corée du Sud.
Des freins à l’efficacité de la présence française en R&D
De nombreuses coopérations universitaires et académiques se sont également développées. L’activité en R&D des industriels français complète l’effort de coopération scientifique française, mais on note un manque de coordination évident entre les deux. En revanche, en Chine, les liens très serrés qui existent entre les universités/institutions de recherche et les entreprises qui leur appartiennent permettent une grande efficacité dans le transfert de technologie et la valorisation des résultats de la recherche.
Recommandations pour développer la présence française en R&D en Chine
- Améliorer l’image technologique de la France: il s’agit de mieux profiter de l’excellente relation entre les deux pays pour modifier l’image de la France, excellente dans les domaines culturels ou les produits de luxe par exemple, pour faire mieux connaître l’excellence de ses recherches et performances technologiques.
- Développer les synergies entre les aides et initiatives publiques et les actions des entreprises en bâtissant des partenariats universités/entreprises bilatéraux.
- Mener des actions groupées et conjointes dans le cadre des pôles de compétitivité vers des partenaires géographiquement et technologiquement ciblés (zones de hautes technologies chinoises), avec une implication des garnds groupes.
- Développer un dialogue avec les autorités chinoises afin que les procédures d’homologation et d’autorisation de mise sur le marché des produits développés sur place puissent être traitées dans le cadre de réglementations transparentes.
- Demander que les entreprises françaises ayant installé des centres de recherche en Chine soient traitées à égal avec leurs équivalents chinois et puissent disposer des mêmes droits dans les organismes de standardisation chinois aux quels ils participent, et puissent participer aux programmes de recherche chinois (863, etc.) de la même façon que les laboratoires chinois peuvent participer aux programmes français et européens (FP6, FP7) en profitant des financements mis en œuvre.
- Propriété intellectuelle : Se saisir de toutes les occasions de dénoncer auprès des autorités chinoises les entraves ou les enfreintes aux droits de propriété intellectuel encourus par les entreprises françaises: copies de produits, pillage par le biais de la certification, etc.
- Mais en parallèle, agir pour faire mieux connaître par les entreprises françaises les réalités du contexte chinois en la matière, en évitant de diaboliser systématiquement sa position lors d’actualités excessivement médiatisées.




