Un secteur en pleine santé, prétendant à un leadership industriel.
Le développement des TICs durant les dix dernières années a été remarquable en Chine, tenant une place de plus en plus importante dans l’économie, représentant 22% du PIB et plus de 4 points de croissance. Le nombre d’abonnés a connu une croissance continue et confirmée, en particulier en téléphonie mobile (plus de 800 millions d’abonnés) et internet (plus de 300 millions d’abonnés), deux domaines où la Chine est devenue le premier marché mondial. Cette croissance a bénéficié aux 3 opérateurs locaux, tous à majorité étatique et qui se partagent un marché très profitable. Le principal, China Mobile est ainsi devenu le premier acteur mondial en termes de nombres d’abonnés et de capitalisation boursière, mais reste un acteur purement local à la différence de ses grands rivaux mondiaux qui se sont internationalisés.
L’industrie du hardware chinoise est devenue un acteur dominant, assurant plus de 50% de la fabrication mondiale de PC et plus de 60% de celle de terminaux mobiles. Cette industrie, relayée par des aides gouvernementales directes ou indirectes (financements à l’export, commandes militaires, programmes de recherches et standards nationaux) a généré l’émergence de champions nationaux tels que Lenovo, ZTE et Huawei. Ce dernier est devenu en 2009 le deuxième fabriquant mondial d’équipements télécoms derrière Ericsson, dépassant Nokia et Alcatel-Lucent.
L’industrie du software à l’origine moins développée que chez le grand concurrent asiatique qu’est l’Inde, connaît maintenant une croissance remarquable de l’ordre de 30% par an. La Chine a mis en place un vaste plan de développement de l’outsourcing de software, particulièrement dans les villes « Tier 2 » (Dalian, Wuhan, Chengdu, Xian, etc.) pour concurrencer l’Inde en tirant profit d’un réservoir d’ingénieurs sans comparaison et de coûts plus compétitifs.
Une politique nationaliste de développement de l’industrie
En apparence, le gouvernement chinois a instauré un sain climat de compétition en attribuant chacun des trois opérateurs télécom une licence portant sur l’une des trois technologies existantes, la technologue chinoise TD-SCDMA pour CM, la technologie américaine CDMA2000 pour CT et la technologie européenne WCDMA (dominante sur le marché mondial) pour CU. Dans les faits, les Autorités privilégient CM qui est déjà l’opérateur dominant, et lui accordent de nombreux avantages pour lui permettre de développer les standards chinois et promouvoir l’industrie chinoise.
- Les opérateurs étrangers sont toujours exclus de fait du marché, 8 ans après l’entrée de la Chine dans l’OMC. (Telefonica, dilué par la fusion entre China Unicom et China Netcom, a réinvesti pour remonter à 8 %, mais cela reste capitalistique, sans contrepartie opérationnelle ; Vodafone a mis en vente sa participation dans China Mobile).
- De même, l’entrée en Chine des produits étrangers se trouve bloquée ou freinée par des mesures discriminatoires ou des procédures opaques qui ralentissent leur homologation alors que les logiciels et hardwares illégaux continuent de proliférer.
Un développement technologique freiné par la concurrence interne, mais des acteurs de l’internet dynamiques et innovants.
- L’esprit de compétition entre le MIIT et la SARFT, autorités de tutelle respectives des télécoms et de l’audiovisuel, freine le développement de nouveaux services pour le consommateur tels que l’IPTV. La censure renforce cette tendance.
- Déçus par les médias traditionnels, les jeunes continuent de faire le succès du net (70% des internautes ont moins de 30 ans alors qu’aux E-U 70% ont plus de 30 ans). Le marché publicitaire a ainsi pu augmenter de 53% en 2008. Cela profite aux champions: Baidu, Sina, Sohu et Tencent.
Dans ce secteur des TICs très règlementé, l’approche du marché par des sociétés françaises doit être abordée avec soin afin de déterminer la stratégie adéquate. Totalement libre dans les domaines du software et du hardware, le marché des services télécoms, virtuellement ouvert, est encore, de fait, fermé aux opérateurs étrangers, mais des opportunités réelles existent dans les services innovants et à valeur ajoutée, en partenariat local.
Les autres barrières objectives à l’entrée des acteurs étrangers sont une politique très nationaliste et les problèmes liés à la propriété intellectuelle, y compris la mise en place de standards nationaux dans des domaines aussi variés que la téléphone mobile 3G, la wifi ou le codage audio-vidéo




